125e anniversaire de la Statue de la Libert

DISCOURS DE M. LE PRSIDENT DE LA RPUBLIQUE

New York — Jeudi 22 septembre 2011

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President Sarkozy and Mayor Bloomberg celebrate 125 years of friendship between France and New York City (photo Flickr nyc.gov - Spencer T Tucker)

Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs, Chers amis,

J’ai t honor de votre invitation venir clbrer ce 125e anniversaire. J’ai voulu venir avec le ministre d’tat, Alain JUPP, parce que les anniversaires doivent tre clbrs. Les anniversaires, ce n’est pas simplement de la nostalgie, les anniversaires nous rappellent d’o nous venons, pourquoi nous sommes ce que nous sommes devenus.

Entre la France et les Etats-Unis, il y a les liens du sang et il y a l’amour de la libert. Lorsque vous avez connu votre rvolution, il y a des Franais qui sont venus, qui ont travers l’Atlantique et qui ont cru dans la rvolution amricaine. A l’poque, nous tions 18 millions et vous tiez 2 millions. Mais ils ont travers l’Atlantique et ils ont dit l-bas, sur ce territoire immense qu’allaient devenir les tats-Unis d’Amrique, les femmes et les hommes qui s’y trouvent vont construire un pays libre . Et petit petit, vous, les Amricains peut-tre que vous ne vous en rendez pas compte, mais vous tes devenus pour le monde entier le symbole de la libert, premire nation du monde. Et cette statue, dans le monde entier, tout le monde sait ce que cela signifie : un pays libre o les gens sont libres et o ceux qui y viennent sont accueillis.

Et quand il est arriv, il y a dix ans, cet pouvantable attentat qui a fait tant de morts dans cette ville, si des barbares, si des criminels s’en sont pris, M. le Maire, New York, c’est parce que New York est le symbole de la libert. Et il y a un lien entre cette statue et ce qui s’est pass le 11 septembre ici.

Ce n’est pas simplement New York qui a t martyris, c’est l’ide que vous incarnez de la libert travers le monde et les 3 000 morts que vous pleurez encore.

Je voudrais vous dire que pour le peuple franais, ils sont aussi nos morts. Parce que ce qui vous est arriv, aurait pu nous arriver. Parce que nous partageons la mme ide de la libert. Et c’est pour cela qu’il faut clbrer les anniversaires, pour que les plus jeunes sachent ce qui s’est pass, pour que personne n’oublie ce qui s’est pass et que pour vous, grand peuple d’Amrique, vous continuiez incarner cette ide de la libert.

Et vous savez, on a commenc le sicle avec la tragdie de New York, mais aujourd’hui, nous connaissons l’appel la libert des peuples arabes. Et encore cette statue, elle parle. Elle parle aux jeunes de Libye, elle parle aux jeunes de Tunisie, elle parle aux jeunes d’Egypte. Cette statue donne par la France au grand peuple amricain, elle peut tre la statue de tous ceux qui travers le monde prfrent la libert la dictature. Ce n’est pas simplement une statue, c’est une ide et ce qu’ils ont voulu dire les Franais et les Amricains, c’est que cette ide de libert, elle n’est pas simplement pour les Amricains, elle n’est pas simplement pour les Franais, elle l’est pour tous les peuples du monde.

D’ailleurs, M. le Maire, 50 millions de visiteurs par an pour la Statue. Ils viennent du monde entier. Quand ils reviennent chez eux, ils disent j’ai vu la Statue de la Libert et je la veux aussi pour chez moi .

Je crois vraiment, je voudrais terminer par cela, que, les Franais et les Amricains, nous avons une responsabilit particulire, montrer que la libert est pour tout le monde. Ne jamais combattre les adversaires de la libert avec les mthodes des adversaires de la libert. Dfendre nos valeurs, rester ouverts, tolrants, la main tendue, rester deux peuples qui veulent vivre en paix avec les autres, prts dfendre leurs valeurs, mais avec les convictions qui sont les ntres.

Vous savez, les Franais et les Amricains, nous sommes engags dans bien des conflits ensemble : en Afghanistan, en Libye. Mais, grand peuple d’Amrique, quand un jeune Amricain meurt, je veux que vous sachiez que pour chaque Franais, cela lui rappelle tous ces jeunes Amricains qui reposent dans nos cimetires. Quand l’un des vtres est tu, cela fait cho notre histoire commune : ces jeunes qui taient vos grands-parents que vous nous avez envoys, qui sont morts, qui sont dans nos cimetires et qui ont fait ce pacte du sang entre les Etats-Unis d’Amrique et la France. C’est pour cela, M. le Maire, que c’tait le devoir du chef de l’Etat franais d’tre ici avec vous pour ce 125e anniversaire.

Mes chers amis,

Croyez une chose : le peuple de France n’oubliera jamais ce qu’a fait le grand peuple d’Amrique pour lui. Entre la France et les Etats-Unis, c’est plus que de l’amiti, nous avons nos morts en commun. Et nos morts, ils nous obligent, ils nous obligent rester des amis pour les sicles qui viennent.

Je vous remercie.

Dernière modification : 23/09/2011

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