Libye : Tribune conjointe de Nicolas Sarkozy, Barack Obama et David Cameron

Le chemin vers la paix



JPEG

Avec leurs allis de l’OTAN et leurs partenaires de la coalition, la France, le Royaume-Uni et les tats-Unis ont t unis au Conseil de Scurit ainsi qu’ la Confrence de Paris qui a suivi pour construire une coalition large pour rpondre la crise en Libye. Nous restons unis sur les mesures prendre pour y mettre fin.

Tout en poursuivant les oprations militaires pour protger les populations civiles, nous voulons regarder vers l’avenir. Nous sommes convaincus que des temps meilleurs attendent le peuple libyen, et qu’un chemin peut tre trac pour y arriver.

Nous ne devons jamais perdre de vue les raisons qui ont initialement oblig la communaut internationale agir. Lorsque la Libye a plong dans le chaos la suite des attaques du colonel Kadhafi contre son peuple, la Ligue arabe a exig des actes. L’opposition libyenne a appel l’aide. Dans ce moment de dtresse, le peuple libyen s’est tourn vers la communaut internationale. Le Conseil de scurit des Nations Unies, dans une rsolution historique, a autoris la communaut internationale prendre toutes les mesures ncessaires pour protger la population libyenne contre les attaques qu’elle subissait. En ragissant immdiatement, nos trois pays ont arrt la progression des forces de Kadhafi. Le bain de sang dont il avait menac les habitants de Benghazi, assige, a t vit.

Des dizaines de milliers de vies ont t pargnes, mais Kadhafi continue d’infliger jour aprs jour des atrocits au peuple libyen. Ses missiles et ses obus s’abattaient sur les civils sans dfense Ajdabia. Il essaie d’trangler la population de Misrata, qui subit un sige digne du Moyen-ge pour l’obliger se soumettre. Les tmoignages de disparitions et d’atrocits sont chaque jour plus nombreux.

Aux termes de la rsolution 1973 du Conseil de scurit, notre devoir et notre mandat sont de protger les civils. C’est ce que nous faisons. Il ne s’agit pas d’vincer Kadhafi par la force. Mais il est impossible d’imaginer que la Libye ait un avenir avec Kadhafi. A juste titre, la Cour pnale internationale enqute sur les crimes contre les civils et les graves violations du droit international qui ont t commises. Il est impensable que quelqu’un qui a voulu massacrer son propre peuple joue un rle dans le futur gouvernement libyen. Les courageux habitants des villes qui ont fait face aux troupes qui les ont bombardes sans piti seraient exposs de terribles reprsailles si la communaut internationale acceptait une telle solution. Ce serait une inimaginable trahison leur gard.

Cela condamnerait en outre la Libye tre non seulement un tat paria mais galement un tat failli. Kadhafi avait promis de lancer des attaques terroristes contre les navires et les avions civils. Parce qu’il a perdu l’appui de son peuple, tout compromis qui le laisserait au pouvoir se traduirait par davantage de chaos et d’anarchie. Nous savons d’exprience ce que cela peut signifier. Ni l’Europe, ni la rgion ni le monde ne peuvent se permettre de donner un nouveau refuge aux extrmistes.

Il existe un chemin vers la paix porteur d’un nouvel espoir pour le peuple libyen. Un avenir sans Kadhafi, qui prserve la souverainet et l’intgrit territoriale de la Libye ; un avenir qui restaure son conomie, ainsi que la prosprit et la scurit pour son peuple. Cela doit commencer par une fin relle des violences qui se traduise par des actes et non par des mots. Le rgime doit se retirer des villes qu’il assige, notamment Ajdabia, Misrata et Zintan, et faire rentrer ses soldats dans leurs casernes. Pourtant, tant que Kadhafi sera au pouvoir, l’OTAN et les partenaires de la coalition doivent maintenir leurs oprations afin que la protection des civils soit maintenue et que la pression sur le rgime s’accroisse. Alors pourra commencer une vritable transition d’un rgime dictatorial vers un processus constitutionnel ouvert tous avec une nouvelle gnration de dirigeants. Pour que cette transition aboutisse, Kadhafi doit partir, dfinitivement. Ds lors, il reviendra l’ONU et ses tats-membres d’aider le peuple libyen reconstruire ce qui a t dtruit par Kadhafi, rparer les maisons et les hpitaux, rtablir les services de base en mme temps que les Libyens mettront en place des institutions pour fonder une socit ouverte et prospre.

Cette vision de la Libye de demain est soutenue par une large coalition de pays, y compris de nombreux tats arabes. Ils se sont rassembls Londres le 29 mars et ont tabli un Groupe de contact qui s’est runi cette semaine Doha pour promouvoir une solution la crise dans le respect de la volont du peuple libyen.

Aujourd’hui, l’OTAN et la coalition agissent au nom des Nations Unies avec un mandat international sans prcdent. Mais c’est le peuple libyen, et non les Nations Unies, qui choisira sa nouvelle constitution, lira ses nouveaux dirigeants et crira le prochain chapitre de son histoire.

La France, le Royaume-Uni et les tats-Unis n’auront de cesse de mettre en œuvre les rsolutions du Conseil de scurit pour que le peuple libyen puisse dcider lui-mme de son avenir.

Dernière modification : 20/04/2011

Haut de page